Aussi incroyable que cela puisse paraître, la CGT (Confédération Générale du Travail) - l'un des plus importants syndicats de salariés de France et confédération qui a obtenu le plus de suffrages aux dernières élections prud'hommales en décembre 2008 - a délogé sans ménagement des sans-papiers devant la Bourse du Travail à Paris ce mercredi vers 12h30.
Pourquoi cette évacuation ?
En effet, ce bâtiment était squatté depuis quatorze mois par un collectif de sans-papiers. Il est important de noter que la Bourse du Travail est un des locaux de la CGT et cette dernière s'appuie sur cela pour expliquer cette action que l'on peut qualifier de "surprenante". Le syndicat explique également son geste par des tentatives de discussion pendant des mois avec le collectif, qui ont été refusés par ce dernier. La CGT assure que les propositions étaient "pourtant très constructives et d'ordre pratique". Devant ce dialogue de sourds, la CGT de Paris dit avoir mobilisé une dizaine de militants pour aller déloger les intrus, une trentaine selon les témoins.
De la police à la CGT, il n'y a qu'un pas
Selon des témoins, les militants portaient un brassard orange et ont foncé vers la Bourse du Travail munis de bâtons, de gaz lacrymogènes et de masques de protection. Ils ont alors noyé le bâtiment sous les gaz lacrymogènes pour faire sortir les sans-papiers du bâtiment. Les témoins évoquent des vitres brisées, des chaises lancées et des violences sur les sans-papiers. Les policiers sont arrivés dix minutes plus tard, pour empêcher les sans-papiers d'occuper à nouveau le bâtiment. La préfecture de police de Paris a précisé que "la police, présente à proximité (des lieux) pour encadrer une manifestation a assisté à l'intervention de personnes de la CGT à la Bourse du travail sans intervenir". "Les derniers occupants ont négocié la possibilité de récupérer leurs affaires personnelles. Ils ont sans doute eu peur d'une intervention policière" explique un syndicaliste.
Des dénonciations contre la CGT
Dans un communiqué, la Coordination nationale des sans-papiers dénonce "un grave dérapage du syndicalisme français". Ce jeudi, les sans-papiers ont reçu le soutien des Verts disant que la CGT a eu recours à "une violence injustifiable".